1
min read
A- A+
read
capture

Une première en Afrique subsaharienne, qui permettra au pays de mobiliser des fonds pour investir en priorité dans l’agriculture, les infrastructures et la santé.

Avec la création du Fonds souverain d’investissements stratégiques du Sénégal (Fonsis), Dakar montre la voie à tous les pays du Sud en quête de développement mais qui ne disposent pas de ressources naturelles abondantes ou générées par leur situation géographique.

La mise en place d’un véhicule public d’investissements stratégiques, dont les fruits bénéficieront aux générations à venir, n’est donc plus l’apanage des pays du Golfe, de la Norvège ou de l’Angola et du Nigeria, assis sur une rente pétrolière, ou commerciale, comme le Panama et Singapour.

“Avec le Fonsis, l’État devient investisseur. Et ce rôle d’État investisseur a été très déterminant dans l’émergence de tous ces pays qui se sont développés durant les quarante dernières années. Le Sénégal ne peut pas se dérober”, a précisé à la télévision sénégalaise RTS1, Amadou Hott, le directeur général du Fonsis. “D’ici un mois et demi ou deux mois, l’on pourra assister au premier investissement du Fonsis… Notre rôle, c’est de créer des emplois et de la richesse”, a-t-il insisté. Des premiers investissements qui se feront en priorité dans l’agriculture, les infrastructures et la santé.

Renforcer l’intervention de l’État

Dans les 15 pays africains de la zone franc, seul le Gabon, pays pétrolier, possède aujourd’hui un fonds souverain. Créé par une loi du 27 décembre 2012, le Fonsis sénégalais étoffe la boîte à outils destinée à renforcer l’intervention de l’État dans l’économie, et qui comprend déjà la Caisse des dépôts et consignations du Sénégal (CDC), le Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip) et la Banque nationale pour le développement économique (BNDE). Doté à terme de 500 milliards de francs CFA (762 millions d’euros) en cash et en transferts d’actifs de l’État (participations dans des entreprises publiques, biens fonciers, etc.), le Fonsis a été capitalisé pour une première tranche de 20 %.

Si le Fonds souverain a vocation à être un bras armé de l’État, il fonctionnera comme un fonds privé de capital investissement, capable de lever des capitaux au plan national et international. Mais là encore, à la différence d’autres fonds souverains de pays émergents, le Fonsis est formaté à 100 % pour le développement du pays. Il n’investira donc pas à l’étranger, mais uniquement au Sénégal pour contribuer à créer des emplois et à réduire les importations en prenant des participations dans des entreprises sénégalaises pour les fortifier. Jean-Michel Meyer

Source de l'article:Acteurs publics

Type-darticle
Article de presse
Home-Page
Off